Actes antireligieux de 2010 à 2025

Philippe Gaudin chargé d'un rapport «pour mieux prévenir et lutter contre les actes antireligieux»

Directeur de l'IREL de 2018 à 2024, Philippe Gaudin a été chargé le 27 avril par le Premier ministre Sébastien Lecornu de coordonner à l'échelle nationale «un groupe de travail consacré à la problématique des actes antireligieux afin de répondre aux trois objectifs» fixés par le président de la République Emmanuel Macron lors de ses vœux aux cultes le 12 janvier: «Mobiliser l'ensemble des acteurs concernés pour mieux comprendre et connaître le phénomène des actes antireligieux; bâtir une approche commune de prévention et de sûreté, pour amplifier les actions locales de sécurisation des lieux de culte; identifier des pistes nouvelles afin de mieux documenter, prévenir – par la formation, le dialogue et la pédagogie – et réprimer ces actes».

À l'échelle départementale, des Assises locales de lutte contre les actes antireligieux sont organisées par les préfets et réunissent forces de sécurité, procureurs, services de l'État (dont Affaires culturelles et Éducation nationale), représentants des cultes et experts. À partir des «rapports» et «propositions opérationnelles» issus de ces Assises, mais aussi des «travaux de recherche en ce domaine», des «travaux des Assises de lutte contre l'antisémitisme», des analyses et statistiques fournies par «l'ensemble des services des administrations concernées», enfin d'«auditions des membres des administrations centrales des ministères les plus concernés, des représentants nationaux des cultes, de parlementaires, voire de partenaires européens», le groupe de travail coordonné par Philippe Gaudin doit procéder «à une analyse multidimensionnelle (historique, sociologique, etc.) des actes antireligieux» afin de «mieux caractériser et qualifier ce phénomène protéiforme», «évaluer les dispositifs de détection et de recensement de ces actes», «dresser un bilan des initiatives, plans et subventions visant à prévenir ces actes», «faire le bilan de leur répression». À noter que Stéphanie Laithier, spécialiste du judaïsme contemporain à l'IREL, est membre de ce groupe de travail.

 

Ces travaux doivent aboutir «d'ici fin octobre 2026» à un «rapport avec des propositions opérationnelles pour mieux prévenir et lutter contre les actes antireligieux». Les propositions, «outre l'adaptation ou la modification de dispositifs existants» pourront aussi inclure «des évolutions de niveau législatif» (extraits de la lettre de mission envoyée par le Premier ministre le 27 avril).

 

Actes antireligieux de 2010 à 2025

Graphique extrait du Bilan des actes antireligieux 2025.

 

Selon le Bilan des actes antireligieux 2025, publié fin mai par le ministère de l'Intérieur, ceux-ci «sont en hausse depuis 2015, tous cultes confondus (+21% entre 2015 et 2025)» avec une répartition qui a évolué par rapport à la situation entre 2010 et 2015 où il y avait à peu près autant d'actes antichrétiens (43%) qu'antisémites (41%) et nettement moins d'actes antimusulmans (14%). Les 1320 actes antisémites «représentent désormais plus de la moitié des actes antireligieux (environ 53%) en raison de la hausse de +203% entre 2022 et 2025» consécutive à l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et au conflit armé à Gaza qui a suivi. Ils «sont majoritairement constitués d'atteintes aux personnes» (67%) et «près de la moitié» (49%) ont été commis en Île de France. Les 843 actes antichrétiens «représentent le tiers de l'ensemble des faits antireligieux (34%)» dont 817 contre «la communauté catholique» et principalement des atteintes aux biens (87%) en zone rurale (52%). Les 326 actes antimusulmans représentent eux 13% des actes antireligieux avec une nette majorité d'atteintes aux personnes (64%) et dans les zones urbaines.