Sommaire
Résumé
Le livre a été écrit dans l’émotion provoquée par les attentats du 11 septembre 2001. Comme Voltaire et Thomas Mann, A. Meddeb veut dénoncer l’intégrisme. Il invite les musulmans à un examen de conscience et se sert de la métaphore de la maladie pour explorer et dénoncerle mal qui engendre des terroristes. La première partie (42 pages) expose la « thèse » de l’auteur. Le point de départ est le choc engendré par la « destitution » de l’islam. Face à l’Occident conquérant le monde arabo-musulman aurait perdu progressivement son prestige à partir du XVe siècle. Incapable d’exploiter la créativité des grands moments (Avicenne, Averroès…), il se replie sur sa frustration. La pensée arabe se détourne progressivement du « modèle européen » issu des « Lumières » lui-même évincé par le « modèle américain ».
La « généalogie » de l’islamisme a des causes « internes » (deuxième partie), deux en particulier, la Lettre même du Coran et trois penseurs littéralistes, Ibn Hanbal (780-855), Ibn Taymiyya (1263-1328) et son disciple saoudien Ibn ‘Abd al-Wahhâb (1703-1792).La troisième partie, « l’intégrisme contre l’Occident », présente des doctrinaires du XXe siècle, pères de l’intégrisme, et accuse la pensée frustre des théologiens de l’université al-Azhar du Caire de l’appauvrissement du discours islamique. « L’exclusion occidentale de l’islam » (dernière partie) concerne les causes « externes » de la maladie de l’islam. Deux responsables selon l’auteur : l’Occident qui renie ses principes et l’hégémonisme américain. Les terroristes du 11 septembre 2001 seraient les produits de l’américanisation et de la mondialisation.
La maladie de l’islam a été traduite en plusieurs langues et a reçu le Prix littéraire François-Mauriac en 2002.
Points forts
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L’originalité et la vigueur de l’argumentation. Cependant ce livre stimulant est un point de vue qui appelle le débat et d’autres lectures. Il focalise ses attaques sur deux nations fortement marquées par les liens entre religion et politique : l’Arabie saoudite, principal foyer de l’intégrisme, et les États-Unis. On complétera par M. Ferro, A. Lamchichi
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Les nombreuses références à la culture et à l’histoire islamiques.
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Des passages intéressants sur la xénophobie des intégristes et sur l’antisémitisme qui se nourrit de faux d’origine occidentale (le Protocole des Sages de Sion, pamphlet du début du XXe siècle).
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La qualité de l’écriture de l’écrivain romancier et poète.
Utilisation possible dans les programmes scolaires
1ère pro |
histoire |
le fait religieux depuis 1850 |
terminale |
géographie |
les grandes aires de civilisation (cultures, langues, religions) |
Référence du document
Recension : « Meddeb Abdelwahab, MEDDEB Abdelwahab, La maladie de l’islam, Paris, Le Seuil, La couleur des Idées, 2002, 224 p. » 2007, , IESR - Institut d'étude des religions et de la laïcité , mis à jour le: 12/16/2016, URL : https://irel.ephe.psl.eu/ressources-pedagogiques/comptes-rendus-ouvrages/meddeb-abdelwahab-maladie-lislam-paris-seuil-couleur